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Mise à jour: 1er mai 2008

Chronique santé

santéLes questions et réponses de cette chronique ont été tirées des numéros antérieurs de la revue SVB. Toutes les informations contenues dans cette section sont vérifiées et actualisées périodiquement par le Dr Michel Ruel du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pavillon CHUL.

L'intérêt de cette chronique réside dans le fait qu'elle répond aux questions que les patients fibro-kystiques adressent le plus fréquemment à leur médecin spécialiste en fibrose kystique. En cliquant sur le sujet de votre choix, vous aurez accès aux questions et réponses en rapport avec le thème sélectionné.

SYMPTÔMES

Anémie et fibrose kystique
Artériosclérose et maladies cardiaques
CO2 et débit d’oxygène
Diabète et fibrose kystique
Extinction de voix
Fièvre
Hypertrophie du coeur et fibrose kystique
Hypocratisme digital ou « doigts en baguettes de tambour »
Intolérance au sucre
Mauvaise haleine
Reflux gastro-œsophagien
Retard de croissance
Pancréatites
Pneumothorax (système respiratoire)
Polypes nasaux et odorat
Problèmes de rate
Pseudomonas multirésistant
Sinusite aigüe
Soif

TRAITEMENTS

Antibiotiques

Antibiotiques et flore bactérienne
Antibiotiques, lait et alcool
Antibiotiques intraveineux et exposition au soleil
Antibiotiques et durée des traitements
Cipro® et entraînement
Tobi®

Anticorps monoclonaux
Cathéter long
Cathéter : P.A.S. Port et Port-O-Cath
Corticostéroïdes (cortisone) : action et effets secondaires
Cortisol
Cyclosporine : actions et effets secondaires
Désensibilisation
Enzymes pancréatiques
Ibuprofène
Ibuprofène et cicatrisation
Méthadone
Oméga-3
Oxygénothérapie
Poids et gavage
Sirop contre la toux
Supers anti-inflammatoires (VioxxMD, CelebrexMD and BextraMD)
Ventolin® : conservation
Vitamine E et fibrose kystique

TRANSPLANTATION

Transplantation : greffe du pancréas
Transplantation et problèmes rénaux

SEXUALITÉ

Sperme
Vaginite
Ventolin®, relation sexuelle et exercice
ViagraMD

PATERNITÉ, MATERNITÉ

Atteinte légère et fertilité masculine
Infertilité masculine

VIE SOCIALE

Risques de contamination

GÉNÉRAL

Acné et AccutaneMD
Candida albicans
Clostridium difficile
Combinaison de gènes et espérance de vie
Ecstasy
Épilation
Fibrose kystique et dons de sang
Fibrose kystique du pancréas ou mucoviscidose ?
Gaz artériel
Maladies infantiles (variole, rougeole, rubéole, oreillons, etc.)
Phases de recherche
Plantes d'intérieur
SARM
Sports à éviter
Vaccin antipneumococcique
Vaccins antiviraux
Vaccin contre la grippe
Vaccin et voyage
Virus du donneur

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Enzymes pancréatiques

Mon médecin éprouve des difficultés à préciser la quantité d’enzymes pancréatiques que je devrais prendre au repas. Comment arrive-t-on à établir la bonne quantité et la juste concentration d’enzymes pour un patient? Est-il préférable de prendre ses enzymes avant, pendant ou après le repas?

La quantité d’enzymes pancréatiques nécessaire à une bonne digestion et à l’absorption des aliments peut être estimée grossièrement par la quantité de matières grasses ingérées à chaque repas. Toutefois, il existe à cet égard des différences importantes d’une personne à l’autre pour des raisons qui ne sont pas toujours bien comprises. Ainsi, certains de mes patients n’ont besoin que de 20 000 unités de lipase par repas, alors que d’autres en nécessitent 10 fois plus. L’ajustement des doses se fait généralement en fonction de critères cliniques : on augmente progressivement les doses jusqu’à ce que les symptômes de malabsorption (crampes abdominales, diarrhée et présence de selles malodorantes et graisseuses) disparaissent. Toutefois, il faut savoir que les douleurs abdominales de même que la diarrhée peuvent avoir d’autres causes que le manque d’enzymes pancréatiques. En outre, lorsque l’augmentation des doses n’entraîne pas la disparition des symptômes, il faut rechercher d’autres étiologies possibles et, parfois, quantifier la présence des graisses dans les selles.
Enfin, les enzymes pancréatiques doivent être pris en début de repas lorsque celui-ci n’est pas trop copieux ou prolongé. Lors d’un repas plus long et plus généreux, il est préférable de prendre les enzymes en deux temps : en début et en milieu de repas.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2007, no 31, page 39

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ViagraMD

Depuis près d’un an, j’ai d’importantes quintes de toux. Lorsque j’ai des relations sexuelles et que la toux s’intensifie, j’éprouve des difficultés à maintenir mon érection. Je trouve cette situation plutôt embarrassante. Ne croyez-vous pas que le ViagraMD pourrait m’aider à maintenir mes érections?

L’érection est un processus complexe qui met en jeu des phénomènes aussi bien physiologiques que psychologiques. Sur le plan organique, l’érection advient en raison d’une accumulation de sang dans les corps caverneux du pénis. Cette réaction met en jeu des éléments vasculaires (apport sanguin modulé par la contraction et la dilatation des vaisseaux sanguins), des éléments hormonaux (surtout l’hormone mâle, la testostérone, mais également d’autres hormones), ainsi que des éléments neurologiques (la moelle épinière et les nerfs périphériques qui véhiculent la stimulation électrique jusqu’aux vaisseaux). D’autre part, les facteurs psychologiques jouent également un rôle important dans l’initiation et le maintien de l’érection, même si on en connaît moins bien les mécanismes. Parmi ces facteurs, on peut mentionner la libido (désir sexuel), la fatigue, le stress, la dépression et l’anxiété de performance.

Chez les jeunes hommes fibro-kystiques, la mécanique vasculaire, neurologique et endocrinienne est habituellement intacte. En ce qui concerne la situation décrite dans la question, une baisse de l’état de santé général provoquée par une infection respiratoire importante pourrait être en cause, mais des facteurs psychologiques y contribuent aussi certainement. La toux agirait ici comme un élément de distraction causant une gêne, un embarras, et finalement une anxiété de performance. L’une des solutions réside d’abord dans une meilleure maîtrise de la toux par le biais d’un traitement plus adéquat de la condition pulmonaire. D’autre part, une aide psychologique prodiguée par un psychologue ou un sexologue pourrait être indiquée. Si, malgré ces interventions, le problème persiste, un des médicaments de la classe des inhibiteurs de la phosphodiestérase (ViagraMD, CialisMD, Levitra®) pourrait s’avérer utile. Ces molécules agissent en favorisant un relâchement des muscles lisses des corps caverneux du pénis, ce qui amène un afflux de sang dans les tissus péniens qui permet de produire l’érection. La principale contre-indication pour ces médicaments est la prise concomitante de nitroglycérine, un médicament utilisé pour le traitement de la maladie cardiaque artérioscléreuse.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2007, no 31, page 39

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Sperme

Certaines remarques de mes ex-conjointes m’ont éveillé au fait que je produis très peu de sperme comparativement aux autres hommes. Est-ce normal? Si le problème est en relation avec la fibrose kystique, dois-je craindre qu’un jour, avec l’évolution de la maladie, je ne produise plus de sperme et que cela affecte mes orgasmes? Existe-t-il des médicaments qui augmenteraient la production de sperme?

En ce qui concerne la première question, à savoir s’il est normal qu’un homme fibro-kystique produise moins de sperme que les autres hommes, la réponse est « oui ». En effet, le sperme est constitué au départ de spermatozoïdes et du liquide sécrété par le testicule. Le tout circule dans le canal déférent et, juste avant la sortie, s’ajoutent au sperme les sécrétions des vésicules séminales et de la prostate. Or, on sait que chez 97 à 99 % des hommes fibro-kystiques, il y a atrophie ou même disparition des canaux déférents, fort probablement en raison de phénomènes obstructifs survenant in utero. L’importante contribution du testicule sera donc absente chez ces hommes. Néanmoins, bien que la production de sperme soit moindre, elle demeure constante et n’affecte en aucune façon la quantité ou la qualité des orgasmes. Pour conclure, il n’existe pas à ma connaissance de médicaments qui puissent favoriser la production de sperme.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2007, no 31, page 40

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Épilation

J’aimerais recourir à la technologie du laser pour l’épilation permanente de mes aisselles et de mes jambes. Voyez-vous là un danger pour quelqu’un qui prend des antibiotiques oraux ou intraveineux? Est-ce que le laser est contre-indiqué dans le cas des personnes greffées? Que pensez-vous du recours à l’électrolyse?

Selon une consoeur spécialiste en dermatologie, il semble bien que la technique du laser pour l’épilation permanente soit sécuritaire et ne présente aucun danger pour les personnes qui prennent des antibiotiques oraux ou intraveineux. De plus, il n’y aurait pas de contre-indication pour les personnes greffées, du moins après stabilisation de la condition médicale postopératoire. Du reste, le recours à la technique d’électrolyse serait tout aussi sécuritaire.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2007, no 31, page 40

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Vaccins et voyage

J’ai le projet d’entreprendre un voyage après avoir subi ma greffe. Parmi mes choix de destination, on retrouve des pays où certains vaccins sont obligatoires. Me recommanderiez-vous d’avoir ces vaccins avant la greffe, même si je suis passablement malade?

Il est important de considérer ici qu’après la greffe pulmonaire (ou toute autre greffe), il y a immunosuppression médicamenteuse pour éviter le rejet de l’organe greffé. Par conséquent, il est contre-indiqué de vacciner après une greffe avec des virus vivants, même s’ils sont atténués. Par ailleurs, avant la greffe, même si la condition pulmonaire n’est pas bonne, il n’y a pas d’immunodépression, donc aucune contre-indication à recevoir ces vaccins.

Je conseille donc de mettre à jour, avant la greffe, les vaccins habituellement administrés pendant l’enfance qui n’ont peut-être pas été tous reçus : on parle ici de vaccins contre la rougeole, la rubéole, les oreillons, la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche et le tétanos. On pourrait également inclure le vaccin contre la varicelle, si on ne l’a jamais contractée. Pour les voyages, il y aurait lieu d’ajouter les vaccins pour les maladies plus exotiques telles que la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise, selon la destination prévue. Toutefois, je ne recommanderais pas, après avoir subi une greffe, d'effectuer des voyages dans des pays où les soins médicaux sont difficiles d’accès ou inexistants. En effet, même si leur condition physique est bonne au départ, il ne faut pas oublier que les patients greffés restent indéfiniment en état d’immunosuppression, et donc plus à risque que la population normale de contracter des infections inhabituelles.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2007, no 31, page 40

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Intolérance au sucre

Dernièrement, j’ai passé un test d’hyperglycémie provoquée (HGPO). Les résultats indiquent que j’ai une intolérance au sucre. J’aimerais comprendre comment on devient intolérant au sucre et l’implication qu’aura ce nouveau diagnostic sur ma diète. Puis-je espérer ne jamais devenir diabétique même si je suis intolérant au sucre?

Le test d’hyperglycémie provoquée par voie orale mesure le métabolisme des sucres chez un individu donné. Il consiste à lui donner par voie orale une charge de 75 g de glucose liquide alors qu’il est à jeun. La glycémie est d’abord mesurée une première fois à jeun, et une seconde fois deux heures après l’ingestion du glucose. Les valeurs normales pour la mesure de la glycémie à jeun sont celles inférieures à 6,1 mmol/l et pour une glycémie post-charge (après l’ingestion du glucose), celles situées entre 7,8 et 11.

L'intolérance au glucose, qui est une anomalie du métabolisme intermédiaire entre la normalité et le diabète, se définit par une glycémie à jeun inférieure à 7 et une glycémie 2 heures port charge entre 7,8 et 11.

Le diabète, quant à lui, se définit par une glycémie à jeun égale ou supérieure à 7, ou bien par une glycémie post-charge supérieure à 11.

Dans ces deux types d’anomalie du métabolisme, le taux de sucre est trop élevé dans le sang parce que le sucre ne parvient pas à entrer en quantité suffisante dans les cellules pour y jouer son rôle de carburant. Dans le cas de la fibrose kystique, ce phénomène est principalement attribuable à un déficit de production d’insuline par le pancréas, dont l’action est entravée par la présence de fibrose et de kystes associés à la maladie. En effet, l’insuline joue un rôle cardinal dans l’entrée du glucose dans les cellules. D’autre part, lors des périodes de surinfection pulmonaire, l’inflammation devient plus marquée et entrave alors l’action de l’insuline; cette réaction contribue à l’élévation plus prononcée des glycémies lors des poussées infectieuses. Notons également que la cortisone prise par voie orale ou intraveineuse entrave aussi l’action de l’insuline et contribue à faire monter les glycémies.

Chez les adultes fibro-kystiques, l’incidence de l’intolérance au glucose tourne autour de 60 %, alors que le diabète serait présent chez environ 15 % de ces individus. Retenons que toutes les personnes intolérantes au glucose sont susceptibles de devenir diabétiques. L’intolérance au glucose a bien entendu des répercussions sur la diète, mais il ne faut pas toutefois en conclure qu’on doit éviter les sucres alimentaires. En fait, il faut préférer les sucres complexes aux sucres concentrés et répartir les apports de sucres sur différentes périodes de la journée. Par ailleurs, au stade du diabète, la diète peut s’avérer insuffisante, et il devient alors nécessaire de suppléer le manque d’insuline par de l’insuline en injections sous-cutanées (et peut-être bientôt par voie nasale). Enfin, dans certains cas, l’utilisation d’hypoglycémiants oraux en comprimés peut pallier, du moins temporairement, le manque d’insuline.


CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2008, no 32, page 39

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Problèmes de rate

Du plus loin que je me souvienne, mes médecins ont toujours été impressionnés par la grosseur de ma rate. J’aimerais comprendre le lien qui existe entre la fibrose kystique et mon problème de rate. S’il est vrai que chez l’adulte la rate n’est plus un organe vital et, qu’en plus, il y a des risques importants à vivre avec une rate hypertrophiée, comment se fait-il que mon médecin résiste tant à ce qu’on procède à son ablation?

L’augmentation du volume de la rate, ou splénomégalie, s’explique chez les personnes fibro-kystiques par la présence d’une cirrhose du foie associée à la maladie génétique. La cirrhose est causée par une congestion des voies biliaires due à une bile trop épaisse. L’état cirrhotique provoque une hypertension veineuse à la rate, ce qui conduit à une augmentation progressive du volume de cette dernière. Contrairement aux amygdales et à l’appendice, la rate est un organe important, particulièrement en ce qui concerne la défense de l’organisme contre certaines bactéries agressives. Aussi, même si une grosse rate non protégée par les côtes court le risque d’être traumatisée plus facilement avec un saignement potentiellement important, et même si elle peut être incommodante et occasionnellement douloureuse, on tient à conserver cet organe qui sert à nous protéger contre des infections potentiellement mortelles.

De fait, lorsque le foie est suffisamment détérioré pour nécessiter une transplantation hépatique, on conserve la rate hypertrophiée. Celle-ci tend à diminuer de volume après la transplantation, car l’intervention permet de corriger l’hypertension veineuse causant l’augmentation du volume de la rate.


CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2008, no 32, page 39

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Combinaison de gènes et espérance de vie

À ma grande surprise, j’apprends qu’il y aurait un lien entre la façon dont évolue la maladie d’un patient et la combinaison de gènes qui le caractérise. Faut-il comprendre qu’il y aurait de « bonnes » et de « moins bonnes » combinaisons de gènes lorsqu’il s’agit de considérer l’espérance de vie d’une personne atteinte de fibrose kystique?

Il existe cinq ou six sortes de mutations géniques parmi les 2000 mutations connues du gène de la fibrose kystique. Selon le type de mutations, la protéine CFTR (le canal chlorure qui remplit aussi d’autres fonctions) peut ne pas être produite du tout ou, à l’autre extrême, elle peut ne présenter qu’une légère diminution de sa fonction. Certains gènes de cette dernière catégorie sont associés à une suffisance pancréatique; les individus porteurs de ces gènes ne présentent pas une atteinte assez importante, du moins dans leur enfance, pour nécessiter une supplémentation en enzymes pancréatiques. Ces gènes qu’on pourrait appeler « mineurs » sont habituellement associés à une atteinte pulmonaire moins sévère et à un diagnostic plus tardif de la maladie. Toutefois, il ne s’agit pas d’une règle absolue, car j’ai à la mémoire une patiente qui, même si elle maintenait une suffisance pancréatique, a dû subir une transplantation pulmonaire avant l’âge de 25 ans.

D’autre part, des personnes porteuses des mêmes mutations (par exemple la mutation ?F508 qui représente 70 % des mutations du gène de la fibrose kystique) pourront avoir une évolution pulmonaire tout à fait différente. Ce phénomène laisse croire que d’autres facteurs entrent en jeu dans l’importance de l’atteinte pulmonaire. Ces facteurs peuvent être liés à l’environnement (exposition au tabagisme, à la pollution atmosphérique) ou à des gènes autres que celui de la fibrose kystique. De fait, des recherches sont menées actuellement, particulièrement au Canada, pour découvrir ces autres gènes «modificateurs» qui peuvent influencer la sévérité de l’atteinte organique en fibrose kystique.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2008, no 32, page 40

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Polypes nasaux et odorat

Au cours des dernières années, j’ai subi de nombreuses opérations pour des polypes nasaux. Aujourd’hui, je n’ai pratiquement plus d’odorat. Pouvez-vous bien me dire ce que mon chirurgien a pu me retirer du nez ou des sinus pour que mon odorat en soit à ce point affecté? Puis-je encore espérer un rétablissement de mon odorat?

Pour répondre à votre question, j’ai consulté un confrère oto-rhino-laryngologiste qui a beaucoup d’expérience en matière de polypes nasaux, particulièrement chez les personnes fibro-kystiques.

Les polypes nasaux et la rhinosinusite chronique en fibrose kystique constituent des problèmes souvent difficiles à maîtriser. Ils récidivent volontiers après la chirurgie et répondent moins aux stéroïdes (cortisone), que ce soit sous forme topique (en inhalation) ou sous forme systémique (en comprimés), comparativement aux mêmes problèmes chez les personnes asthmatiques.

L’atteinte de l’odorat est liée, du moins au début, à l’obstruction des voies aériennes conduisant aux récepteurs olfactifs (récepteurs sensitifs des cellules nerveuses responsables de l’odorat). Dans ce cas, l’intervention chirurgicale qu’est la polypectomie (ablation des polypes) peut rétablir l’odorat. Toutefois, l’agression chronique inflammatoire causée par la rhino-polyptose récidivante peut amener une destruction de ces récepteurs. C’est donc ce phénomène, plutôt que l’intervention elle-même, qui risque d’aboutir à une perte irréversible de l’odorat.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ 2008, no 32, page 40

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