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Chronique santé
Les questions et réponses de cette chronique ont été
tirées des numéros antérieurs de la revue SVB.
Toutes les informations contenues dans cette section sont vérifiées
et actualisées périodiquement par le Dr Michel Ruel du Centre
hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pavillon CHUL.
L'intérêt de cette chronique réside dans le fait qu'elle
répond aux questions que les patients fibro-kystiques adressent
le plus fréquemment à leur médecin spécialiste
en fibrose kystique. En cliquant sur le sujet de votre choix, vous aurez
accès aux questions et réponses en rapport avec le thème
sélectionné.
SYMPTÔMES
Anémie et fibrose kystique
Artériosclérose et maladies cardiaques
CO2 et débit doxygène
Diabète et fibrose kystique
Extinction de voix
Fièvre
Hypertrophie du coeur et fibrose kystique
Hypocratisme digital ou « doigts en baguettes de tambour »
Intolérance au sucre
Mauvaise haleine
Reflux gastro-sophagien
Retard de croissance
Pancréatites
Pneumothorax (système respiratoire)
Polypes nasaux et odorat
Problèmes de rate
Pseudomonas multirésistant
Sinusite aigüe
Soif
TRAITEMENTS
Antibiotiques
Antibiotiques et flore bactérienne
Antibiotiques, lait et alcool
Antibiotiques intraveineux et exposition au soleil
Antibiotiques et durée des traitements
Cipro® et entraînement
Tobi®
Anticorps monoclonaux
Cathéter long
Cathéter : P.A.S. Port et Port-O-Cath
Corticostéroïdes (cortisone) : action et effets secondaires
Cortisol
Cyclosporine : actions et effets secondaires
Désensibilisation
Enzymes pancréatiques
Ibuprofène
Ibuprofène et cicatrisation
Méthadone
Oméga-3
Oxygénothérapie
Poids et gavage
Sirop contre la toux
Supers anti-inflammatoires (VioxxMD, CelebrexMD and BextraMD)
Ventolin® : conservation
Vitamine E et fibrose kystique
TRANSPLANTATION
Transplantation : greffe du pancréas
Transplantation et problèmes rénaux
SEXUALITÉ
Sperme
Vaginite
Ventolin®, relation sexuelle et exercice
ViagraMD
PATERNITÉ, MATERNITÉ
Atteinte légère et fertilité masculine
Infertilité masculine
VIE SOCIALE
Risques de contamination
GÉNÉRAL
Acné
et AccutaneMD
Candida albicans
Clostridium difficile
Combinaison de gènes et espérance de vie
Ecstasy
Épilation
Fibrose kystique et dons de sang
Fibrose kystique du pancréas ou mucoviscidose ?
Gaz artériel
Maladies infantiles (variole, rougeole, rubéole, oreillons, etc.)
Phases de recherche
Plantes d'intérieur
SARM
Sports à éviter
Vaccin antipneumococcique
Vaccins antiviraux
Vaccin contre la grippe
Vaccin et voyage
Virus du donneur
Vaccins antiviraux
L'année dernière, j'ai subi une transplantation
pulmonaire. Étant donné que je suis débordant de
forme, je compte réaliser le rêve de ma vie : un voyage en
Afrique centrale. Existe-il des risques à ce que je reçoive
des vaccins antiviraux? Dans l'affirmative, que dois-je faire pour me
prémunir contre les risques d'infection?
Cher voyageur,
Tu n'as pas choisi la destination la plus sécuritaire pour un transplanté
pulmonaire, même en bonne forme. En effet, le risque d'acquérir
une infection en Afrique centrale n'est pas négligeable, à
moins de séjourner dans les grands hôtels. De plus, la qualité
des soins prodigués dans ces pays est généralement
loin de la norme nord-américaine. Ceci dit, j'ai contacté
un spécialiste en infectiologie pour répondre à ta
question. Effectivement, il croit qu'il y a un risque théorique
en ce qui concerne les vaccins antiviraux : ceux-ci stimulent l'immunité
de l'organisme et pourraient théoriquement favoriser une réaction
de rejet des poumons transplantés. Aussi, dans le doute, il serait
préférable de s'abstenir. Toutefois, ceci n'empêche
pas l'utilisation d'autres mesures préventives efficaces : ainsi
pour l'hépatite A, en remplacement du vaccin, on peut donner des
gamma-globulines (anticorps) en injection, offrant une bonne protection
temporaire. La malaria et les infections intestinales sont très
fréquentes dans ces pays. Contre la malaria, la protection contre
les moustiques et la prise de médicaments anti-malariques oraux
avant, pendant et après le séjour demeurent indiquées.
Pour contrer les infections entériques causant fièvre et
diarrhée, les précautions habituelles (consommation d'eau
embouteillée, pelage des fruits et légumes) et l'utilisation
de ciprofloxacine, si malgré tout il y a infection, sont également
de mise. Donc avant tout voyage dans un pays « exotique »,
il est important de consulter dans une clinique spécialisée
dite « clinique des voyageurs » afin de bénéficier
des mesures de prévention optimales adaptées aux pays visités
et à l'état de santé du voyageur.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ automne 1999, no 24, pages 26-27
Vaccin contre la grippe
À tous les automnes, mon médecin insiste
sur limportance de recevoir le vaccin contre la grippe. Personnellement,
je ne suis pas convaincue de limportance de cette intervention.
Ce vaccin est-il réellement efficace? Nest-il pas dangereux
de recevoir des vaccins année après année? Comment
expliquez-vous les effets secondaires sapparentant à la grippe
que ressentent certaines personnes?
Avant de répondre à cette question de même quà
la suivante, je voudrais amener des précisions au sujet de la grippe.
La « vraie grippe » est causée par des virus appelés
virus de « linfluenza ». Il nen existe que quelques
dizaines mais ces virus causent des infections respiratoires généralement
plus sérieuses que les autres virus respiratoires, nettement plus
nombreux qui causent le « rhume ». Alors que la «grippe» est accompagnée de fortes fièvres, de maux de tête
et de douleurs musculaires en plus des symptômes respiratoires (mal
de gorge, congestion nasale, toux), le « rhume » se manifeste
par les symptômes respiratoires sans les autres symptômes
si ce nest une légère fièvre. Les complications
des infections respiratoires virales (otites, sinusites, bronchites, pneumonies,
dorigine bactérienne) sont plus fréquentes et plus
sérieuses avec la grippe quavec le rhume. Ces complications
sont aussi plus fréquentes chez les personnes âgées
ainsi que chez les porteurs de maladies chroniques (comme la fibrose kystique).
De là limportance de protéger particulièrement
ces deux groupes dindividus. Heureusement, il existe depuis plusieurs
années un vaccin contre linfluenza (la grippe); il nest
pas efficace contre les autres virus respiratoires plus nombreux qui causent
le rhume. Lefficacité est autour de 80% chez les jeunes adultes;
toutefois, il doit être donné annuellement car dune
part, il ne donne pas de protection à long terme et dautre
part, il est dirigé contre les virus qui sont « prévalents
» dans le monde à cette période : si les virus ont
changé, le vaccin doit être modifié. Outre la sensibilité
locale légère au site de linjection, on peut rencontrer
les symptômes dune « mini-grippe » soit une légère
fièvre avec malaises musculaires avec ou sans symptômes respiratoires
mineurs mais ces effets secondaires durent habituellement 24 heures ou
au plus, 48 heures. Ils sont explicables par la mobilisation du système
immunitaire (globules blancs et anticorps) provoquée par le vaccin.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/Novembre 2000, no 25, pages 37-38
Ventolin® : conservation
Est-ce vrai qu'il est préférable de
conserver le Ventolin® destiné à l'aérosolthérapie
dans un milieu réfrigéré? Si tel est le cas, pourriez-vous
en expliquer la raison?
En ce qui concerne la conservation du Ventolin® utilisé en aérosolthérapie,
précisons d'abord que les doses unitaires de type nébule
doivent être utilisées après ouverture et ne peuvent
pas être conservées une fois ouvertes.
Par contre, les contenants multidoses contiennent un agent de conservation.
Lorsqu'ils ne sont pas encore ouverts, ils doivent être entreposés
à l'abri de la lumière à une température de
2º à 25º jusqu'à la date de péremption mentionnée
sur la bouteille.
Une fois le contenant multidoses ouvert, la conservation dépend
de la stabilité et de la stérilité du produit. Concernant
la stabilité du produit, nous pouvons assurer une utilisation sécuritaire
et efficace de 30 jours après l'ouverture du contenant (qui doit
être à l'abri de la lumière entre les utilisations).
La stérilité du produit (la non contamination par les microbes),
quant à elle, dépend surtout de la technique de manipulation
utilisée; c'est-à-dire de la personne qui prépare
le produit et de l'environnement dans lequel il est préparé.
Ainsi, il est important de prélever la solution de la façon
la plus stérile possible, de fermer le flacon dès qu'on
a prélevé la solution et de ne pas l'ouvrir inutilement
par la suite. Malgré ces précautions, une contamination
est toujours possible. Il faut vérifier l'apparence de la solution
avant l'utilisation : si elle renferme des particules, semble altérée
ou décolorée, ou bien si on doute de sa stérilité,
il faut la jeter. Par ailleurs, de façon générale,
l'entreposage au réfrigérateur d'un flacon déjà
ouvert pourra diminuer la prolifération des microbes d'une solution
déjà légèrement contaminée.
En somme, nous recommandons l'entreposage des flacons non ouverts à
la température ambiante et à l'abri de la lumière.
Une fois ouverts, ceux-ci peuvent être gardés pour une durée
maximale de 30 jours, soit à la température ambiante, soit
au réfrigérateur.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ Hiver 1993, no 16, pages 25-26
Ventolin®, relation sexuelle et exercice
Juste avant d'avoir une relation sexuelle, je prends
du Ventolin® pour me dégager les bronches et ainsi m'éviter
de tousser. Mais j'ai lu que le Ventolin® pouvait avoir des effets néfastes,
lun de ceux-ci étant des complications cardiaques. Le Ventolin® me fait déjà trembler. Pourrait-il y avoir des risques,
dans mon cas, de faire usage du Ventolin® avant une relation sexuelle?
Le Ventolin® est prescrit chez les personnes fibro-kystiques parce que
plus de la moitié dentre elles souffrent dune hyperréactivité
bronchique, qui peut toutefois varier dans le temps. L'hyperréactivité
bronchique, qu'on retrouve aussi chez tous les asthmatiques, peut se définir
comme une trop grande sensibilité des bronches qui amènent
celles-ci à réagir de façon excessive devant différents
stimuli. L'une de ces façons de réagir se nomme le bronchospasme
: une contraction du muscle qui entoure la bronche et qui réduit
ainsi son calibre. Le Ventolin® est un médicament broncho-dilatateur
: il prévient la contraction et amène la dilatation du muscle
bronchique, ce qui garde la bronche « ouverte ». Précisons
que parmi les stimuli qui peuvent amener les bronches à réagir
de façon excessive, on retrouve, entre autres, les allergènes,
les irritants non-spécifiques (odeurs fortes, fumée de cigarette),
les infections respiratoires et également l'exercice. Considérant
ce dernier stimulus, on sait que le bronchospasme provoqué par
l'effort physique peut être prévenu par le Ventolin® lorsqu'on
le prend 15-20 minutes avant l'exercice.
Compte tenu de ces données, la personne fibro-kystique qui présenterait
une hyperréactivité bronchique se manifestant suite à
l'effort physique, pourrait bénéficier de la prise de Ventolin® (avant l'effort «amoureux» ou sportif) ! L'aérosoldoseur
apparaîtrait alors plus approprié que le nébuliseur.
Les traitements peuvent être répétés mais doivent
être espacés d'environ 6 heures. Le recours aux dispositifs
utilisant une poudre de Ventolin® (Rotocaps - Ventodisk) est tout aussi
efficace et demande moins de coordination. D'autres médicaments
de la même classe, tels que Berotec®, Bricanyl® et ProAir® peuvent
être également utilisés.
Les effets secondaires du Ventolin® (et des autres médicaments de
la même classe), se limitent généralement à
un tremblement des extrémités et à la tachycardie
(accélération du rythme cardiaque). Ces effets secondaires
sont bénins et peuvent être éliminés en diminuant
la dose et en évitant de répéter les doses à
intervalles trop rapprochés.
Bon « exercice »!
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Été 1993, no 17, pages 30-31
Phases de recherche
Lorsquil est question de recherche en fibrose
kystique, on entend souvent parler des phases I, II, III et IV. À
quoi ces phases font-elles référence? Doit-on tenir compte
de ces phases dans la décision de se porter candidat pour lune
ou lautre de ces recherches?
En recherche clinique, les études sont effectivement classifiées
en phases I, II, III, et IV. Les études de phase I évaluent
la sécurité dun médicament. Elles sont effectuées
sur un petit nombre de volontaires sains. Ces études permettent
dévaluer ce qui arrive au médicament dans le corps
humain. Les effets secondaires sont donc examinés de près.
Les études de phase II impliquent un plus grand nombre de personnes
et donnent de linformation sur la façon dont le médicament
fonctionne, de même que sur ses effets bénéfiques
et secondaires. Ces études sont randomisées et à
« double insu », ce qui signifie quun groupe reçoit
le nouveau médicament et quun autre groupe reçoit
le médicament standard ou bien un placebo (pilules sucrées).
Jusquà ce que létude soit terminée, ni
les patients ni les chercheurs ne savent lequel des deux groupes prend
le nouveau médicament.
Les études de phase III sont un peu semblables aux études
de phase II, sauf quelles incluent un plus grand nombre de personnes
(des milliers) et quelles peuvent durer plusieurs années.
Ces études donnent aux chercheurs une bonne idée de lefficacité,
des bénéfices et des effets secondaires du nouveau médicament.
Dans ce cas également, les études sont habituellement randomisées
et à double insu. Une fois létude de phase III complétée
avec succès, une demande pour commercialisation du nouveau médicament
est déposée.
Lorsque le nouveau médicament est admis sur le marché, on
effectue souvent des études de phase IV. Le but de ces études
est dévaluer le bénéfice à long terme
du médicament. On peut aussi les effectuer pour comparer le rapport
coût / bénéfice du nouveau médicament par rapport
au traitement traditionnel.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/2001, no 26, pages 42-43
Grossesse et transplantation pulmonaire
1 -
Je suis en attente d'une transplantation pulmonaire.
Après ma greffe, je veux élever un enfant. Ma question comporte
trois volets.
1.1
On m'a dit que les médicaments que je prendrai après l'opération
ont des effets sur les ftus. Est-ce vrai?
Les médicaments immunosuppresseurs ont de forts risques d'effets
secondaires importants chez le ftus, les ovules et les spermatozoïdes,
de sorte qu'une grossesse est contre-indiquée avec une prise
régulière de médicaments post-transplantation.
Récemment, toutefois, une femme atteinte de fibrose kystique
et greffée pulmonaire a donné naissance à un enfant
apparemment en bonne santé, du moins jusqu'à présent.
1.2 Puis-je avoir recours aux services d'une mère
porteuse au Québec? Comment dois-je procéder?
Au Québec, actuellement, il n'existe pas de réseau assurant
les services d'une mère porteuse.
1.3 Si les médicaments sont dangereux pour
le ftus, est-ce possible qu'ils affectent aussi les ovules que
je produirai? Devrais-je tout de suite me faire prélever des
ovules et les faire congeler en attendant? Il semble que pour prélever
les ovules, ils injectent des doses fortes d'hormones. Jhésite
donc car je crains que ces hormones affectent négativement mon
état de santé avant la transplantation.
Les ovules ne peuvent pas être congelés pour être
conservés, contrairement aux embryons (ovule fécondé
par un spermatozoïde). Par ailleurs, un confrère gynécologue
ma expliqué quil ne serait pas prêt à
injecter de fortes doses d'hormones pour prélever les ovules.
Il ne le fait actuellement que chez des femmes en parfaite santé.
2 - Une personne fibro-kystique et diabétique
peut-elle utiliser la « pilule » comme moyen contraceptif?
Il n'y a pas de contre-indication à ce qu'une femme fibro-kystique
et diabétique prenne des contraceptifs oraux comme moyen de contraception.
CHRONIQUE
SANTÉ
SVB/ décembre 1990, no 12, page 34
Vaginite
Est-ce vrai que les femmes atteintes de fibrose
kystique sont plus susceptibles dêtre affectées par
des vaginites? Si oui, pourriez-vous m'expliquer pourquoi il en est ainsi? Y a-t-il moyen d'éviter ce genre d'infection? La pilule (anticonceptionnelle)
agit-elle dans un sens ou dans l'autre?
Les femmes fibro-kystiques sont effectivement plus sensibles aux vaginites,
et plus particulièrement à celles causées par le
champignon Candida albican. Il faut savoir que le vagin est normalement
« habité » par de bonnes bactéries qui ont leur
utilité. On sait que les fibro-kystiques doivent très fréquemment
prendre des antibiotiques par voie orale et par voie intraveineuse. Or,
ces antibiotiques peuvent détruire les bactéries habitant
normalement le vagin, ce qui favorise l'apparition des champignons. Ces
derniers entraînent alors des démangeaisons et des sécrétions
plus abondantes et plus épaisses au niveau vaginal. L'infection
peut gagner aussi la vulve et provoquer rougeurs et démangeaisons
à ce niveau.
La susceptibilité à ce type d'infection est variable d'une
personne à l'autre, de sorte qu'on ne propose généralement
pas de traitement préventif. Il existe toutefois, pour ces infections
à champignons, plusieurs types de traitements locaux très
efficaces à base de crème et d'ovules vaginaux. Quelques
rapports font état d'une augmentation de l'incidence des vaginites
à champignons chez les utilisateurs de contraceptifs oraux, mais
ce problème savère moins important qu'avec les antibiotiques.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ jan. 1992, no 14, page 30
Infertilité masculine
J'ai 23 ans. Ma conjointe et moi aimerions beaucoup savoir si je suis
stérile ou non. J'ai entendu dire qu'il est possible pour moi de
passer un spermogramme. Pouvez-vous m'expliquer en quoi consiste un spermogramme? Peut-on se fier à ce procédé à 100%? J'aimerais
aussi que mes résultats ne soient pas connus de l'équipe
soignante. Que me conseillez-vous?
Un spermogramme est tout simplement l'analyse du sperme obtenu par voie
de masturbation après 2-3 jours d'abstinence. Le liquide recueilli
dans un tube doit être maintenu à la température du
corps et apporté au laboratoire dans l'heure qui suit. Le sperme
est alors examiné au microscope : les spermatozoïdes sont
comptés et leur forme et leur mobilité est vérifiée.
On doit savoir que plus de 95% des hommes fibro-kystiques souffrent d'infertilité.
Le problème provient des canaux qui transportent les spermatozoïdes
des testicules (où ils sont produits) jusqu'à l'urètre.
En effet, chez les hommes atteintes de fibrose kystique, ces canaux sont
dégénérés ou complètement absents.
Linfertilité est donc reliée à problème
de transport des spermatozoïdes.
Ainsi, sur le spermogramme dun homme fibro-kystique, il est fréquent
de constater une absence totale de spermatozoïdes. Dans un tel cas,
on peut être sûr à 100% de la fiabilité du test
pour un diagnostic d'infertilité. En ce qui concerne le côté
confidentialité, sachez que tout médecin peut prescrire
un spermogramme, mais que cet examen n'est pas disponible dans tous les
hôpitaux. Toutefois, il m'apparaîtrait utile que le médecin
traitant de la clinique de fibrose kystique soit au courant des résultats!
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ jan. 1992, no 14, page 30
Sports à éviter
Jai 22 ans et suis atteint de fibrose kystique.
Je pratique différents sports dont la balle-molle, le volleyball
et le badminton. Depuis un certain temps, je rêve de faire de la
plongée sous-marine. Étant donné que jai une
atteinte plutôt légère de la maladie, croyez-vous
quil y ait des dangers à ce que je pratique ce sport? Jaimerais
également avoir votre opinion au sujet du saut en parachute?
En réponse à notre sportif, je dirai dabord que la
pratique de la plongée sous-marine nest pas vraiment un sport
approprié pour les personnes fibro-kystiques. En effet, la plupart
des adolescents et des adultes fibro-kystiques ont au moins une atteinte
pulmonaire légère. Cela peut entraîner la présence
de bulles emphysémateuses qui pourraient ne pas être visibles
à la radiographie pulmonaire. Or, les changements de pression occasionnés
par la plongée risquent de faire éclater ces bulles et de
causer un pneumothorax.
Par ailleurs, en ce qui concerne le saut en parachute, les hauteurs atteintes
en avion namènent que de légers changements de pression
atmosphérique et de la pression en oxygène. Il ny
aurait pas de contre-indication absolue à faire du parachutisme
pour les gens qui ont une atteinte pulmonaire légère. Il
faudrait cependant, à mon avis, que leur état soit stable
et quils ne ressentent pas dexacerbation dinfection.
Il serait donc très important quil y ait une réévaluation
par le médecin traitant avant de débuter ce type dactivité.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ Hiver 1993, no 16, pages 25-26
Fibrose kystique du pancréas ou mucoviscidose?
J'ai 33 ans et je suis atteint de fibrose kystique
longtemps appelée fibrose kystique du pancréas. Je
suis un routier de la maladie. Je sais quen Europe on la nomme plutôt
« mucoviscidose ». Trouvez-vous que ce dernier terme décrit
mieux la maladie?
Je suis daccord avec toi : le terme « fibrose kystique du
pancréas » ne rend pas compte de toute l'étendue de
cette maladie; il ne décrit que les changements survenant au niveau
du pancréas. Toutefois, le nom utilisé actuellement est
« fibrose kystique » tout court: il englobe donc aussi les
changements survenant au niveau des poumons qui incluent également
la fibrose et les formations kystiques.
Le nom « mucoviscidose » (mucus visqueux) utilisé en
Europe tient davantage compte des aspects physiopathologiques que descriptifs
de la maladie; ce terme n'inclut pas toutefois les désordres des
glandes sudoripares (glandes à sueur) qui produisent une sueur
trop salée. Tant l'hyperviscosité du mucus que la sueur
trop salée résultent du défaut de transport des électrolytes
(surtout le chlore) propre à la maladie.
En conclusion, aucune dénomination n'est parfaite et la mucoviscidose
pourrait effectivement mieux désigner la maladie.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1996, no 20, pages 24-25
Risques de contamination
Je m'apprête à faire une demande au
cégep en techniques de laboratoire médical. Mon ambition
est de travailler dans un laboratoire de centre hospitalier. Étant
donné que les techniciens de laboratoire doivent manipuler des
bactéries, des virus et des parasites, croyez-vous que mon choix
est inapproprié en regard des risques de contamination?
Loin de moi l'idée de te décourager dans ton ambition de
travailler comme technicien de laboratoire dans un centre hospitalier.
Soulignons d'abord que ce ne sont pas tous les techniciens de laboratoire
qui manipulent les microbes mais seulement ceux qui travaillent en microbiologie.
En effet, certains techniciens en biochimie et en hématologie sont
rarement exposés aux microbes. Toutefois, même en microbiologie,
le risque d'acquérir une infection n'est guère supérieur
pour une personne fibro-kystique que pour un individu normal. Il faut
comprendre que le système immunitaire (système de défense
contre les microbes) n'est pas déficient chez les fibro-kystiques.
Je n'aurais donc pas d'objection à ce que tu travailles dans un
laboratoire de microbiologie.
Je compte d'ailleurs parmi mes patients, un étudiant en médecine
qui travaille sur un projet de recherche en microbiologie de même
quune étudiante universitaire de deuxième cycle qui
fait de la recherche en microbiologie. La seule réserve (peut-être
non fondée) que j'émets serait d'éviter de travailler
avec des souches de Burkholderia cepacia tant que le mode et le potentiel
de transmission de cette bactérie ne seront pas mieux précisés.
CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ Hiver 1994, no 18, pages 27-28
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