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Mise à jour: 1er mai 2008

Chronique santé

sante Les questions et réponses de cette chronique ont été tirées des numéros antérieurs de la revue SVB. Toutes les informations contenues dans cette section sont vérifiées et actualisées périodiquement par le Dr Michel Ruel du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pavillon CHUL.

L'intérêt de cette chronique réside dans le fait qu'elle répond aux questions que les patients fibro-kystiques adressent le plus fréquemment à leur médecin spécialiste en fibrose kystique. En cliquant sur le sujet de votre choix, vous aurez accès aux questions et réponses en rapport avec le thème sélectionné.

SYMPTÔMES

Anémie et fibrose kystique
Artériosclérose et maladies cardiaques
CO2 et débit d’oxygène
Diabète et fibrose kystique
Extinction de voix
Fièvre
Hypertrophie du coeur et fibrose kystique
Hypocratisme digital ou « doigts en baguettes de tambour »
Intolérance au sucre
Mauvaise haleine
Reflux gastro-œsophagien
Retard de croissance
Pancréatites
Pneumothorax (système respiratoire)
Polypes nasaux et odorat
Problèmes de rate
Pseudomonas multirésistant
Sinusite aigüe
Soif

TRAITEMENTS

Antibiotiques

Antibiotiques et flore bactérienne
Antibiotiques, lait et alcool
Antibiotiques intraveineux et exposition au soleil
Antibiotiques et durée des traitements
Cipro® et entraînement
Tobi®

Anticorps monoclonaux
Cathéter long
Cathéter : P.A.S. Port et Port-O-Cath
Corticostéroïdes (cortisone) : action et effets secondaires
Cortisol
Cyclosporine : actions et effets secondaires
Désensibilisation
Enzymes pancréatiques
Ibuprofène
Ibuprofène et cicatrisation
Méthadone
Oméga-3
Oxygénothérapie
Poids et gavage
Sirop contre la toux
Supers anti-inflammatoires (VioxxMD, CelebrexMD and BextraMD)
Ventolin® : conservation
Vitamine E et fibrose kystique

TRANSPLANTATION

Transplantation : greffe du pancréas
Transplantation et problèmes rénaux

SEXUALITÉ

Sperme
Vaginite
Ventolin®, relation sexuelle et exercice
ViagraMD

PATERNITÉ, MATERNITÉ

Atteinte légère et fertilité masculine
Infertilité masculine

VIE SOCIALE

Risques de contamination

GÉNÉRAL

Acné et AccutaneMD
Candida albicans
Clostridium difficile
Combinaison de gènes et espérance de vie
Ecstasy
Épilation
Fibrose kystique et dons de sang
Fibrose kystique du pancréas ou mucoviscidose ?
Gaz artériel
Maladies infantiles (variole, rougeole, rubéole, oreillons, etc.)
Phases de recherche
Plantes d'intérieur
SARM
Sports à éviter
Vaccin antipneumococcique
Vaccins antiviraux
Vaccin contre la grippe
Vaccin et voyage
Virus du donneur

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Artériosclérose et maladies cardiaques

La fibrose kystique rend-t-elle invulnérable aux troubles de notre société? On entend partout que l'artériosclérose, les maladies cardiaques et le diabète sont des maladies qui résultent d'une mauvaise alimentation. Pourtant, nos diètes n'en tiennent pas compte. Pourquoi?

Il s'agit d'un sujet fort complexe. Disons tout d'abord que l'artériosclérose et la maladie cardiaque artérioscléreuse qui en découle sont surtout favorisées par quatre facteurs principaux : l'hérédité, le tabagisme, l'hypertension artérielle et l'élévation de la quantité des graisses (triglycéride et cholestérol) dans le sang. Ce dernier facteur n'est pas causé seulement par une « mauvaise alimentation » : des maladies héréditaires et un mauvais fonctionnement de différents organes y sont souvent impliqués. La fibrose kystique entraîne une absorption insuffisante des graisses, de sorte que la quantité de gras dans le sang est plutôt basse. Les enzymes pancréatiques et la diète « riche » visent à normaliser la situation, soit à élever les graisses à un niveau normal ; ceci est essentiel car les graisses demeurent nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme.

Quant au diabète, c'est une maladie plus fréquente dans la population fibro-kystique que dans la population en général. Elle n'est pas due à un excès de sucre, mais plutôt à un pancréas malade qui ne sécrète pas suffisamment d'insuline. La phase importante du traitement consiste à pallier le manque d'insuline au moyen d'injections.

Quant aux sucres, il ne faut pas les éliminer complètement, car il sont, eux aussi, nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme ; on évitera toutefois les sucres (chocolat, desserts sucrés) concentrés chez les diabétiques. Après cette longue mise au point, revenons aux questions initiales.

A - Non, la fibrose kystique ne rend pas invulnérable aux maladies citées plus haut, malgré qu'elle tende naturellement à abaisser le taux de graisse dans le sang.

B - Les diététiciens adaptent spécifiquement les diètes pour atteindre deux buts : d'abord, fournir suffisamment de calories, de graisses, de sucres, de protéines et de vitamines pour répondre aux besoins de l'organisme ; ensuite, maintenir des taux normaux (ni élevés, ni bas) de sucre et de graisse dans le sang.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ déc. 1989, no 10, pages 39-40

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Diabète et fibrose kystique

On vient de m'apprendre que les infections peuvent causer une glycémie (taux de sucre dans le sang) trop élevée. Lorsque j'ai une infection pulmonaire, je me sens plus faible et je prends alors plus de sucre. Dois-je arrêter de le faire?

Chez les fibro-kystiques porteurs d'un diabète ou d'un « pré-diabète » (intolérance au glucose) –mais non chez les autres fibro-kystiques– un stress physique aigu, telle qu'une infection pulmonaire, peut amener une augmentation du taux de sucre dans le sang. Toutefois, cette augmentation n'est généralement pas très importante et ne donne habituellement pas de symptômes et le tout rentre dans l'ordre avec le traitement de l'infection. Il faudra cependant parfois temporairement augmenter, chez le diabétique, la dose d'insuline.

La faiblesse et la fatigue rencontrées lors des infections pulmonaires sont dues à l'infection elle-même, ainsi qu'à la détérioration respiratoire causée par l'infection et non par les variations du taux de sucre dans le sang. Il ne faut donc pas se priver de sucre, ni en prendre de façon excessive : il faut continuer la diète habituelle, déjà ajustée par votre diététicien.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ déc. 1989, no 10, pages 39-40

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Pneumothorax (système respiratoire)

Qu'est-ce qu'un pneumothorax?

Pour savoir ce qu'est un pneumothorax, il faut savoir que les deux poumons sont logés à l'intérieur de la cage thoracique dans une enveloppe qui comporte deux feuillets : la plèvre.

Le pneumothorax est une entrée d'air à l'intérieur de ces feuillets. Il peut être causé spontanément » par la rupture d'une bulle d'emphysème ou par un traumatisme, par exemple un accident d'automobile ou encore l'installation d'une voie veineuse centrale par cathéter sous-clavier.

Chez les patients fibro-kystiques, la formation de ces bulles d'emphysème fait partie de l'histoire naturelle de la maladie. Le traitement optimal de la maladie pulmonaire permet au moins de retarder la formation de ces bulles.

Un pneumothorax est accompagné d’une douleur au thorax – habituellement subite – augmentée par l'inspiration et associée à une accentuation variable de l'essoufflement.

Le traitement d'un petit pneumothorax (moins de 20%) peut se faire par le repos et l'observation : en effet, celui-ci peut régresser spontanément. En cas d'échec ou lors d'un pneumothorax plus important, il est nécessaire d'insérer un tube dans la plèvre, par anesthésie locale, au niveau des côtes, afin d'aspirer l'air qui s'y est introduit. Dans le cas d'une récidive de pneumothorax, le traitement habituel comporte deux possibilités. La première solution est la pleurodèse chimique. Elle consiste en l'administration d'une «substance irritante» dans la plèvre, ce qui crée une réaction inflammatoire ; cette réaction amène un accolement des deux feuillets de la plèvre empêchant l'air de s'introduire entre les deux. L'autre solution est l'intervention chirurgicale.

Dans le cas particulier du patient fibro-kystique pour qui on envisage une éventuelle transplantation pulmonaire, on préfère, dans les cas de récidive, répéter le drainage simple plutôt que la pleurodèse chimique ou la chirurgie. En effet, ces dernières amènent toutes deux la formation d'adhérences qui peuvent compliquer la chirurgie de la transplantation pulmonaire.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ juin 1991, no 13, pages 32-33

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Hypocratisme digital ou « doigts en baguettes de tambour »

Mes doigts sont caractérisés par un « clubbing » important. Je dois vous avouer que cette anomalie me trouble beaucoup. J'en fais vraiment un complexe. Comment se fait-il que mon « clubbing » soit plus important que celui de mes amis fibro-kystiques pourtant plus malades que moi? Est-ce qu'il existe des techniques éprouvées pour le faire disparaître?

Le « clubbing » que l'on appelle en français « hypocratisme digital » est relié à une dilatation des vaisseaux puis à une prolifération des tissus situés sous l'ongle des doigts de main et de pied. Ceci provoque un soulèvement de la base de l'ongle et une augmentation du volume de l'extrémité des doigts. La sévérité de l'hypocratisme digital se mesure par l'augmentation de l'angle formé à la jonction comprise entre la base de l'ongle et la peau adjacente. Un stade avancé d’hypocratisme digital entraîne l'aspect décrit en termes populaires par « doigts en baguettes de tambour ».

L'hypocratisme ne se rencontre pas seulement chez les personnes atteintes de fibrose kystique. En effet, d'autres maladies pulmonaires, certaines maladies cardiaques, des maladies du foie et de l'intestin peuvent également causer ce phénomène.

En fibrose kystique, l'importance de l'hypocratisme varie chez différents individus ayant une atteinte pulmonaire de même sévérité et ceci pour des raisons non connues. Toutefois, l'on peut dire qu'en général, l'hypocratisme progresse parallèlement avec la détérioration de la condition pulmonaire.

On peut faire disparaître l'hypocratisme digital dans les situations où on peut guérir la maladie sous-jacente, par exemple si on opère une tumeur pulmonaire ou on guérit un abcès du poumon. Ceci ne pouvait être fait auparavant chez les fibro-kystiques. Toutefois, on a observé plus récemment que les transplantés pulmonaires voyaient leur hypocratisme diminuer et même disparaître.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ juin 1992, no 15, pages 29-30

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Mauvaise haleine

J'ai des problèmes avec mon haleine. Bien que je me brosse régulièrement les dents ou que je me gargarise, le problème persiste. Comment se fait-il que j'aie ce genre de difficulté? Comment puis-je m'en sortir? Sans votre aide, je crains de perdre confiance en moi dans mes relations avec les autres.

Pour les personnes atteintes de fibrose kystique comme pour la population en général, les problèmes de mauvaise haleine proviennent le plus souvent de la bouche : l'hygiène buccale, les caries dentaires et les gingivites sont souvent en cause. De plus, les problèmes reliés au nez et aux sinus (rhinites, polypes, sinusites) qui sont fréquents chez les personnes atteintes de fibrose kystique peuvent parfois être à l'origine de la mauvaise haleine. Finalement, il faut savoir que dans la fibrose kystique, les bronches dilatées et déformées (bronchiaectasies) sont le siège d'une infection chronique. Outre les habituelles Haemophilus et Aeruginosa, d'autres bactéries de type « anaérobie » (se développant sans oxygène) peuvent donner une très mauvaise haleine. Dans ces circonstances, notre expérience montre qu'en utilisant un antibiotique tel que la clindamycine, on obtient de bons résultats. En somme, la solution passe souvent par le dentiste, sinon par le médecin de la clinique ou le spécialiste en ORL.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB / automne 1998, no 23, pages 28-30

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Reflux gastro-œsophagien

Depuis deux ou trois ans, j'ai des reflux gastriques sévères. Même les antiacides ne parviennent pas à apaiser mon mal. Comment en vient-on à développer ce genre de problème? Pourquoi certaines personnes atteintes de fibrose kystique sont-elles plus vulnérables que d'autres à ce type de complication? Est-il nécessaire de recourir à une chirurgie de l'estomac pour résoudre le problème? Enfin, les résultats de l'opération sont-ils vraiment concluants?

Ce dont tu veux parler est plutôt le reflux gastro-œsophagien, c'est-à-dire le reflux du contenu acide de l'estomac dans l'œsophage (le tube amenant la nourriture de la gorge jusqu'à l'estomac). Il n'est pas anormal d'avoir un peu de reflux; ce qui l'est, c'est d'en avoir beaucoup, car alors l'acidité du liquide gastrique refluant irrite la muqueuse plus sensible de l’œsophage pour donner des « brûlures » au niveau du sternum et parfois jusqu'à la gorge. L'irritation peut aussi amener des spasmes au niveau de l'œsophage : la douleur est alors ressentie comme un serrement semblable à l'angine cardiaque. Les personnes atteintes de fibrose kystique présentent ce problème de façon plus fréquente que la population en général. Parmi les raisons invoquées, on peut citer d'une part la toux chronique qui élève la pression intragastrique et favorise ainsi le reflux. D'autre part, la porte d'entrée de l'estomac est constituée d'un sphincter (le sphincter gastro-œsophagien) qui s'ouvre pour laisser passer la nourriture, et se referme ensuite afin d'éviter le reflux. Il y a plusieurs éléments qui influencent la contraction de ce sphincter : le tabagisme et des nutriments comme l'alcool, le café et le chocolat qui diminuent la contraction du sphincter. Des médicaments broncho-dilatateurs, comme la théophylline et le salbutamol (Ventolin®) produisent également le même effet.

Que faire pour se traiter? Voici d'abord les conseils de base : éviter les gros repas ainsi que les nutriments qui diminuent la force de contraction du sphincter; éviter aussi de manger avant de vous coucher; et enfin élever la tête du lit. Nul besoin de discourir sur le tabagisme dont la toxicité sur le système respiratoire est mieux connue. On ne doit toutefois pas cesser les broncho-dilatateurs lorsqu'ils sont nécessaires en traitement respiratoire. En ce qui concerne les médicaments, on utilise d'abord les antiacides (neutralisant l'acidité) qui peuvent suffire lorsque le problème est léger. Toutefois, leur durée d'action est courte, et lorsque le problème est plus important, on a recours à des agents qui diminuent la production d'acides par l'estomac. Les antihistaminiques, dont la ranitidine (Zantac® ), sont efficaces; l'oméprazole (Losec®) et d'autres médicaments de la même classe le sont davantage. Si le traitement demeure insuffisant, on peut ajouter des médicaments qui accélèrent la vidange de l'estomac (exemple : Motilium®, Prepulsid®). Avec toutes ces mesures, on contrôle la très grande majorité des problèmes de reflux gastro-œsophagien. La chirurgie, solution de dernier recours, n'a pas à être utilisée fréquemment; elle est efficace mais pas sans risque, particulièrement chez les patients qui ont une atteinte pulmonaire importante.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Automne 1997, no 22, pages 30-31

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Anémie et fibrose kystique

Selon mon médecin, j'ai des problèmes d'anémie. J'aimerais comprendre ce qu'est l'anémie. Peut-on facilement régler ce type de problème? Pourrais-je parvenir à l'enrayer en modifiant certaines habitudes de vie (exemple : régime alimentaire)?

L'anémie se définit par une baisse des globules rouges dans le sang. Ces globules renferment l'hémoglobine qui d'une part, sert à transporter l'oxygène des poumons aux tissus et, d'autre part, à ramener le gaz carbonique – un des déchets de l'organisme – des tissus jusqu’aux poumons. Un manque de globules rouges se traduit cliniquement par de la pâleur, de la fatigue et de l'essoufflement à l'effort.

Il est très important de comprendre qu'il peut y avoir plusieurs causes d'anémie. Il peut s'agir d'un défaut de production des globules rouges dans la moelle osseuse, problème souvent relié à un manque de nutriments tels que le fer, l'acide folique ou la vitamine B12. Le manque de nutriments, quant à lui, peut être dû à un apport alimentaire insuffisant, mais aussi à une mauvaise absorption dans le tube digestif. D'autre part, l'anémie peut être causée par une perte prématurée de globules rouges : ils peuvent s'échapper à l'extérieur des vaisseaux (saignements) ou être détruits à l'intérieur des vaisseaux.

Pour corriger une anémie, il faut donc traiter le problème depuis son origine. Ainsi, un manque de fer sera compensé par des comprimés de fer, mais s'il s'agit d'un saignement, il faudra faire cesser celui-ci. S'alimenter adéquatement selon les conseils diététiques prodigués à la clinique et prendre régulièrement les enzymes pancréatiques prescrites demeurent les mesures les plus importantes pour prévenir l'anémie. Toutefois, étant donné les causes multiples de l'anémie, le fait de s'astreindre régulièrement aux contrôles sanguins effectués à la clinique peut permettre de la dépister précocement, de l'explorer et de la corriger avant qu'elle ne devienne importante et symptomatique.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB / automne 1998, no 23, pages 28-30

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Retard de croissance

Je viens tout juste d'avoir 16 ans. Mon drame, c'est que je me trouve beaucoup trop petit. On a beau me répéter que ma croissance n'est pas terminée, j'ai peur de rester petit toute ma vie. Existe-t-il des tests qui me permettraient de savoir si je peux encore grandir et si oui, de combien de centimètres? Croyez-vous que mon médecin accepterait de me prescrire des hormones de croissance? Rassurez-moi docteur. Le temps joue peut-être contre moi.

En tant que médecin pour adulte, je dois t'avouer que je n'ai pas beaucoup d'expérience dans les problèmes de croissance. J'ai donc cru bon de faire appel à l'expérience de confrères pédiatres endocrinologues. À la lumière de nos discussions, j'ai retenu que la taille maximale définitive atteinte par un individu donné est dépendante de plusieurs facteurs. Le premier facteur est l'hérédité : en effet, si tes parents et grands-parents ne sont pas de grandes personnes, tes chances de devenir grand sont réduites. Comme second facteur, il faut retenir le statut endocrinien (hormonal). Les jeunes fibro-kystiques, au même titre que les autres jeunes, sont susceptibles de présenter des déficiences en hormones, particulièrement l'hormone thyroïdienne et l'hormone de croissance. Ces déficiences ne sont pas très fréquentes, mais peuvent sûrement être éliminées car il existe des traitements spécifiques et efficaces pour y remédier (suppléments hormonaux). Par ailleurs, ce qu'on retrouve le plus fréquemment chez la clientèle fibro-kystique, ce sont des retards de croissance liés à la malnutrition et surtout à l'infection chronique mal contrôlée. Ces deux facteurs peuvent retarder la maturation sexuelle et la croissance osseuse qui y est étroitement associée. Or, ces facteurs sont reliés au traitement optimal de la fibrose kystique elle-même ; je n'insisterai donc jamais assez pour souligner la très grande importance de la fidélité au traitement quotidien. Dans certaines circonstances, il peut être nécessaire d'accélérer la maturation sexuelle et osseuse par l'utilisation d'hormones sexuelles.

En ce qui concerne ta situation propre, il faut évaluer précisément lesquels des facteurs expliquent ton retard de croissance. Le pédiatre de ta clinique est le mieux placé pour effectuer cette évaluation. Il pourra, au besoin, se faire assister d'un endocrinologue. À la suite de ces tests (sanguins et radiologiques), le traitement le plus approprié (pas nécessairement hormonal) pourra être appliqué.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ Hiver 1994, no 18, pages 27-28

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Fièvre

Lorsque je me compare à d'autres personnes fibro-kystiques, je trouve que je fais souvent de la fièvre. Comment expliquez-vous que certaines personnes fibro-kystiques aient ce type particulier de manifestation? Y a-t-il des trucs efficaces pour atténuer l'inconfort associé aux poussées de fièvre?

La fièvre est un signe : elle indique qu’un phénomène inflammatoire se produit dans l'organisme. Bien qu'elle puisse être associée à une tumeur ou à une maladie inflammatoire, elle est, le plus souvent, causée par une infection microbienne. Les principaux microbes qui causent l'infection à l'origine de la fièvre sont les virus (insensibles aux antibiotiques usuels) et les bactéries (sensibles aux antibiotiques). Les personnes f.-.k. ne sont pas plus sujettes que les autres aux infections virales telles que le rhume, la grippe ou la gastro-entérite. Ces infections virales causent habituellement une fièvre légère ou modérée qui ne dépasse généralement pas deux ou trois jours. Toutefois, en raison des anomalies reliées à leur maladie, les personnes f.-k. sont très sensibles aux infections bactériennes du système respiratoire qui suivent souvent l'infection virale initiale. Ces infections (sinusite, bronchite, pneumonie) peuvent entraîner une fièvre plus importante et plus prolongée ; elles nécessitent des traitements antibiotiques. Cependant, ces infections bactériennes peuvent aussi survenir sans fièvre notable, probablement en raison du système immunitaire très développé des personnes fibro-kystiques. Les défenses accrues empêcheraient l'invasion des bactéries dans les systèmes circulatoires où elles sont plus susceptibles de provoquer de la fièvre. La variabilité de la fréquence de la fièvre peut donc s'expliquer partiellement par l'état de leur système immunitaire. D'autre part, les gens qui ont une maladie plus sévère au niveau pulmonaire subissent plus fréquemment des infections susceptibles de causer de la fièvre. Toutefois, comme les infections bactériennes peuvent survenir sans fièvre, il est aussi important de les traiter énergiquement avec des antibiotiques.

En attendant que soit résolue l'infection à l'origine de la fièvre, on peut traiter celle-ci avec des médicaments antipyrétiques (anti-fièvre). Les deux principaux médicaments sont l'acide acétylsalicylique (Aspirine®) et l'acétaminophène (Tylénol®, AtasolTM). En fibrose kystique, on privilégie l'acétaminophène, car l'Aspirine cause davantage d'effets secondaires : elle peut irriter l'estomac et même, à la longue, causer des ulcères; elle éclaircit le sang (à proscrire donc chez ceux qui ont des crachats sanguins); elle est associée à des réactions rares, mais graves dans certaines infections virales chez les enfants. D'autre part, le repos et la prise suffisante de liquide sont aussi indiqués lors des accès de fièvre.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB/ Hiver 1995, no 19, pages 28-29

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Soif

Est-il vrai que les personnes fibro-kystiques ressentent moins bien la soif que les personnes dites
« normales »? Si tel est le cas, comment expliquer que le message de la soif se rende moins bien au cerveau ou ne soit pas décodé justement par celui-ci? Les conséquences d'une mauvaise hydratation sont-elles importantes pour l'organisme?


Selon les connaissances actuelles, le mécanisme de perception de la soif ne serait pas affecté chez les personnes fibro-kystiques. De fait, le siège de cette perception se situe à un niveau du cerveau où il n'y a pas d'atteinte connue de la maladie. Ceci dit, il demeure important de maintenir une bonne hydratation en tout temps : ceci favorise entre autres choses le bon fonctionnement intestinal et probablement aussi une meilleure fluidité des sécrétions respiratoires. Une attention particulière doit être accordée durant les périodes de canicule, après un exercice physique intense et pendant les épisodes d'infection respiratoire : un apport de sel doit alors être ajouté aux liquides.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Automne 1997, no 22, pages 29-30

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CO2 et débit d’oxygène

Comment expliquez-vous que mon corps retienne plus de C02 lorsque j'augmente le débit d'oxygène de mon concentrateur d'oxygène?

Disons d'abord que le gaz carbonique (C02) est l'un des déchets de l'organisme et que sa mesure dans le sang est le reflet de la ventilation (échanges gazeux) effectuée par l'appareil respiratoire. Toutefois, c'est le cerveau (la plupart du temps de façon involontaire et automatique) qui commande aux muscles respiratoires d'effectuer la ventilation. Il y a trois sortes de signaux qui avertissent le cerveau qu'il est temps de ventiler : ce sont la baisse de l'oxygène (02) dans le sang, l'élévation du C02 dans le sang et finalement, l'augmentation de l'acidité sanguine. Chez certaines personnes qui présentent une insuffisance respiratoire chronique, il peut se développer une perte de la sensibilité du cerveau au stimulus de l'élévation du C02 pour augmenter la ventilation. Ces gens doivent s'en remettre surtout à la baisse d'02 dans le sang pour stimuler leur respiration. Or, si on augmente trop l'02 dans le sang, en augmentant le débit d'oxygène du concentrateur, le cerveau perd son stimulus principal pour commander la ventilation et le C02 s'élève dans le sang causant maux de tête, somnolence et même confusion. Il faut donc, dans ces cas-là, ne pas corriger trop agressivement le déficit d'02 : il faut laisser le taux d'oxygène sanguin un peu en bas de la normale. D'autre part, il faut savoir que le C02 peut s'élever aussi pour d'autres raisons et particulièrement lorsqu'il y a épuisement des muscles respiratoires.

CHRONIQUE SANTÉ
SVB /automne 1999, no 24, pages 26-27

 

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